TECHNIQUE : améliorer sa consommation d'air

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Conseils du jour…

Comment améliorer sa consommation d’air ?

OK… qui a l’habitude de faire surface et de vérifier sournoisement le manomètre de son binôme ? Levez les mains, menteurs ! Tout le monde le fait. C’est probablement l’une des seules choses où tout le monde fait compétition dans le domaine de la plongée.

Sortir avec plus d’air dans sa bouteille à la fin d’une plongée est en quelque sorte, et malencontreusement, traduit comme le droit de se vanter de qui est le meilleur plongeur sur le bateau. Mais ce n’est pas du tout ça. Ça veut juste dire que vous avez respiré plus ou moins que vos binômes.

Et vous-êtes vous déjà demandé pourquoi votre instructeur ou guide de plongée faisait toujours surface avec plus d’air que vous ? Heureusement, voici quelques-uns des meilleurs conseils pour améliorer votre consommation d’air.

Pourquoi vouloir améliorer sa consommation d’air ?

D’abord, demandez-vous pourquoi vous voulez améliorer votre consommation d’air. A part pour vous vanter sur le bateau, consommer moins d’air peut soit a) étendre le temps fond sans dépasser la courbe de non-décompression ou b) vous donner une marge de sécurité pour terminer votre plongée. Si vous plongez en loisir avec un groupe, il est toujours sage d’entamer le palier de sécurité aux alentours de 50 bars de pression. Ça vous laisse une marge d’erreur et même si ce n’est pas tout à fait la « règle des tiers » employée par les plongeurs techniques, ça vous donne tout de même une zone tampon au cas où vous devez gérer un problème rencontré par vous ou votre binôme durant cette dernière remontée ou à la surface.

De plus, si vous plongez en groupe dans un parc marin, comme c’est souvent le cas, les guides locaux auront une obligation d’accompagner le groupe entier de la mise à l’eau au retour sur le pont. Ce qui signifie que souvent, le guide va demander à la première personne du groupe à atteindre 70 bar de lui signaler sa consommation afin de rassembler le groupe au point de remontée pour entamer le palier de sécurité lors d’une plongée dérivante, ou à atteindre 100 bar lors d’une plongée conventionnelle pour revenir sur ses pas. Personne ne veut être cette personne qui, en réalité, « termine » la plongée. Ça peut entraîner des problèmes bien connus comme un plongeur qui ment sur sa consommation d’air pour sauver la face au lieu d’admettre qu’il a consommé plus que les autres. C’est un peu comme dire « Je préfère mourir ici à 18 mètres d’une panne d’air plutôt que d’avouer que j’ai consommé plus que vous… » Idiot, non ?

Quels facteurs déterminent votre consommation d’air ?

La consommation d’air est déterminée par un grand nombre de facteurs. Certains que vous pouvez contrôler, et donc, améliorer, et d’autres non. Si vous êtes un mec basé qui mange 27 Big Macs par jour, et bien… vous avez plus de chance de consommer plus d’air que la petite brunette dans sa combinaison XS. C’est la vie. Dites non au hamburger et oui à la salle de sport ! Si vous êtes plus grand/gros, vous avez besoin de plus d’énergie pour bouger et vous déplacer, que ce soit dans l’eau ou hors de l’eau.

Si vous mesurez 1m85 et que vous êtes bâti comme Hulk Hogan, vous êtes évidemment immédiatement désavantagé par rapport à une gamine d’1m55 comme Christina Aguilera. Vos poumons sont plus grands. C’est la vie. Mais, il existe tout de même des techniques que vous pouvez employer pour remonter à la surface avec plus d’air. En voici quelques-unes :

·         Améliorez votre fitness

Oui, je sais qu’un grand nombre d’instructeurs de plongée semble fumer, ce qui est idiot, mais vous ne les voyez pas souvent en surpoids. Si vous êtes en bonne condition physique, vous aurez moins de risque de vous essouffler en vous équipant (Q : combien de fois avez-vous un guide avoir du mal à enfiler ses palmes ? R : jamais). Vous n’allez pas souffler comme un buffle en vous dirigeant vers la plateforme de plongée (Q : combien de fois avez-vous entendu un guide se plaindre du poids de son matos sur son dos ? R : jamais). Et, encore plus important, vous n’allez pas vous essouffler à la surface en tentant de rejoindre le groupe au point de descente (Q : Combien de fois avez-vous entendu un guide demander pour une minute de pause pour récupérer son souffle avant la descente ? R : jamais).

·         Achetez du matos à la bonne taille
Si vous portez du matériel de plongée inconfortable et serré ou au contraire bien trop grand, vous serez désavantagé. Les femmes essayent toujours d’enfiler de l’équipement de la taille inférieure (je dois rentrer dedans, je dois rentrer dedans !). Les hommes, d’un autre côté, se convainquent qu’ils sont si basés qu’ils ne pourraient certainement pas fermer un gilet M ou L sur leur torse, et qu’ils ont besoin d’un XL. Ne soyez pas idiot, soyez honnête. Essayez l’équipement avant de l’acheter. Demandez les conseils d’un instructeur expérimenté. Si vous portez du matos à votre taille, vous serez plus confortable et plus hydrodynamique sous l’eau.
·         Portez l’équipement adéquat pour l’environnement

Si vous vous apprêtez à plonger dans un site où vous allez faire face à du courant pendant une grande partie de la plongée, ne portez pas vos petites palmes chaussantes roses. Elles vous vont peut-être super bien, mais vous allez palmer comme une folle dans le courant qui entoure la patate de Richelieu Rock. Mettez le style de côté et portez quelque chose qui convient aux conditions. Vous n’aimez peut-être pas porter ces grosses palmes Mares noires, mais elles feront leur boulot. De même, inutile de s’équiper comme un sapin de Noël avec de l’équipement hardcore et des gadgets à la James Bond si vous vous mettez à l’eau pour une plongée dérivante le long d’un récif à 15 m de profondeur. C’est du poids inutile.

·         N’oubliez pas les bases

Soyez profilé, aérodynamique. N’oubliez pas de rentrer vos tuyaux et votre octopus. Ce sont des bases (Cours PADI Open Water Chapitre 2 question 5) – et n’oubliez pas votre tuba ! La règle du plongeur « cool » voudrait qu’après avoir passé votre brevet vous puissiez vous passer du tuba. Mais c’est du caca de cheval ! Ce tuba vous sauvera 20 bars de pression à la surface dans la houle quand vous nagez jusqu’au point de descente au lieu de devoir mettre votre détendeur en bouche. Vous savez ce qui n’est pas cool ? Terminer la plongée 10 minutes plus tôt parce que votre binôme et vous avez consommé 20 bars de plus que le reste du groupe – et rater la raie Manta dont tout le monde parle à la fin de la plongée.

De plus, quand avez-vous fait un test de lestage pour la dernière fois ? La plupart des plongeurs ont tendance à plonger trop lestés. Pourquoi porter 2 kg de plus si vous n’en avez pas besoin ? L’équipement (et la mer) peuvent varier d’endroit en endroit, et ce n’est pas parce que vous utilisiez 8 kg de plomb en eau salée avec une combi humide de 5 mm l’été dernier dans la Mer Rouge que vous devez utiliser le même lestage ailleurs. Vous pourriez avoir pris ou perdu du poids. Vous pourriez porter une combi Scubapro au lieu d’une combi Cressi. Vous voyagez peut-être dans l’Océan Indien et pas dans la Mer Rouge. Allez revoir le chapitre 2, question 16 de votre cours Open Water.

·         Améliorez vos techniques

C’est un point clé ! Vos descentes devraient être contrôlées. Vous devriez ajouter de petites quantités d’eau et ne pas lutter pour maintenir votre position en pleine eau. Si vous vous débattez lors de vos descentes et remontées, il est temps de suivre un cours de maîtrise de la flottabilité. Vous devriez utiliser l’équipement et les lois de la physique pour plonger. Vous déplacer sous l’eau devrait être comme glisser lentement à l’aide d’un palmage lent, et sans les mains ! Améliorez votre maintien, votre position et votre flottabilité. Si vous arrêtez de palmer et commencez à couler, revoyez vos cours ! Le ludion est un exercice du cours Open Water, session 4 en eaux confinées. Vous devriez vraiment avoir compris et maîtrisé cet exercice pour avancer.

Si vous coulez quand vous arrêtez de palmer, soit vous n’avez pas la bonne position, soit vous êtes surlesté et vous devez palmer (et donc utiliser de l’énergie et de l’air) pour maintenir votre profondeur en pleine eau. Vous êtes parano de devoir vider votre masque et respirez plus ? Qu’est-ce que vous faites en pleine eau si vous ne pouvez pas faire un vidage de masque correctement ? C’est un exercice de baptême de plongée ! Allez refaire votre pratique. Vous vous rappelez la troisième plongée d’exercices ? Vous avez appris comment atteindre la flottabilité neutre en gonflant votre gilet à la bouche. Pourquoi avez-vous oublié cet exercice, et pourquoi ne pas l’utiliser ? En utilisant de l’air exhalé pour gonfler votre gilet, vous épargnez de l’air dans votre bouteille.

·         Pensez à votre profondeur

Vous vous rappelez du premier chapitre du livre Open Water ? Si vous descendez plus profond, vous allez utiliser plus d’air. C’est physique. La loi de Boyles-Mariotte : P x V = C. Si vous êtes à 25 m de profondeur, vous respirez 3,5 fois plus d’air qu’à la surface. S’il n’est pas nécessaire de plonger profond pour voir une épave ou une créature particulière, ne plongez pas profond. Vous utiliserez moins d’air et aurez plus le temps d’explorer avant d’approcher la limite de non-décompression.

·         Détendez-vous

Les plongeurs professionnels ne pensent pas à leur respiration. Ils respirent de la même manière à 30 m qu’à la surface en sirotant une tasse de thé sur le bateau. Évidemment, vous ne devez pas retenir votre respiration. Mais vous ne devriez pas non plus penser à respirer. Faire une plongée facile ne devrait pas être différent qu’aller vous promener dans un parc. Inspirez lentement et profondément. Détendez-vous. Réduisez un peu le flux d’air sur votre deuxième détendeur. Expirer ne devrait pas non plus être pensé ; ne soufflez pas, mais laissez l’air s’échapper comme vous le faites pour le moment, en lisant cet article. Si ça vous aide, comptez jusqu’à 5 dans votre tête en expirant lentement. Mais ne retenez pas votre respiration et ne sautez pas d’inspirations… au final, vous risquez d’autres problèmes.

·         Planifiez votre plongée

L’anxiété avant ou durant la plongée a un impact sur votre consommation d’air. Si votre rythme cardiaque accélère à cause du stress, votre respiration augmentera aussi. Planifiez votre plongée et plongez votre plan. Faites un contrôle de l’équipement de votre binôme pour être sûr que son deuxième détendeur fonctionne. Revérifiez votre mano pour vous apaiser l’esprit. Vous savez combien de temps vous pouvez passer à 22 m avant de rentrer dans la courbe de décompression ? Si non, cherchez la réponse – ne suivez pas le guide aveuglément ! Il a sans doute déjà plongé et plonge sans doute avec du nitrox. Sachez où vous allez. Portez un ordinateur ou un profondimètre et une montre. Connaissez le chemin et les procédures d’urgence si vous êtes séparé du groupe. Portez une boussole et sachez comment l’utiliser. Pareil pour un parachute. Restez proche de votre binôme. C’est comme si vous écoutiez votre grand-mère vous sermonner, mais vous seriez surpris du nombre de plongeurs qui sont irresponsables en pensant « que le guide s’en occupera s’il y a un problème » ou alternativement, qui pensent qu’avoir un appareil photo les transforme en plongeurs solo.

Voilà ! Utilisez votre tête, suivez ces conseils simples et passez plus de temps à faire des bulles !

Vous avez des conseils sur comment consommer moins d’air en plongée ? Parlez-nous en dans vos commentaires !

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